Depuis le 5 décembre 2019, un mouvement social s’est formé contre la réforme des retraites à l’appel des principaux syndicats (Confédération générale du travail – CGT, Fédération syndicale unitaire – FSU, Force ouvrière – FO et Solidaires) et des organisations étudiantes et lycéennes. Ces mobilisations ont également rassemblé des gilets jaunes, des collectifs féministes, des collectifs LGBT. Il rassemble de nombreux secteurs et professions : RATP, SNCF, avocats, culture, éducation nationale, média, bibliothèques, EDF, raffineries, hôpitaux, hôtellerie, collecte et traitement des déchets, etc. La répression et les violences policières, qui affectent de manière dramatique et structurelle les personnes racisées et de quartier populaire, est aussi la principale réponse de l’Etat au mouvement social. 

Dans l’Enseignement supérieur et la recherche (ESR), le mouvement s’est renforcé à partir de début janvier. Il s’oppose également à la Loi pluriannuelle de la recherche scientifique (LPPR) qui entérine, dans le prolongement des lois LRU et ORE, la mise en place d’un système néo-libéral autoritaire et inégalitaire dans les universités et institutions de recherche. Plus de 120 revues scientifiques se sont déclarées en lutte. Les président.e.s des sections et des commissions interdisciplinaire du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) ont voté à l’unanimité une motion alertant sur les conséquences de la LPPR et demandant notamment un redéveloppement important de l’emploi scientifique statutaire. 700 directeurs et directrices de laboratoires vont dans le même sens. Une coordination nationale des Facs et Labos en lutte a rassemblé environ 1000 personnes les 1er et 2 février. La lutte contre la précarité est devenue une des revendications du mouvement, notamment portée par des collectifs de précaires et d’étudiant.e.s. Enfin, des acteur.trices de cette mobilisation, en particulier précaires et étudiant.e.s, participent à des actions interprofessionnelles dans le but de construire une solidarité effective entre les usager.e.s, les travailleurs et travailleuses du secteur public, notamment les plus précarisé.e.s.  

La coordination nationale des Facs et labos en lutte des 1er et 2 février a adopté une motion invitant, entre autre, à une intensification de la mobilisation de l’ensemble des personnels de l’ESR dont le point d’orgue est la journée du 5 mars 2020. Parce que ce colloque se veut aussi une collaboration scientifique avec des chercheurs des Suds invités de longue date à présenter leurs travaux, souvent inscrits dans des rapports Nord-Suds de production du savoir asymétriques, les organisatrices du colloque ont considéré qu’il aurait été trop coûteux et regrettable d’annuler ou de différer sa tenue. Engagées à des degrés divers dans la mobilisation, elles ont toutefois convenu de modifier l’organisation du programme du 5 mars de sorte qu’elles-mêmes et les participant.e.s qui le souhaiteraient se rendent aux manifestations dès 12h30.
Pour plus d’informations sur le mouvement, sur les réformes de retraite et sur la LPPR, vous pouvez consulter le site d’Université ouverte.